ciel

Du catholicisme polonais à la foi en Christ seul

« Puisque je suis catholique romain, j’ai toujours été chrétien ; quand je mourrai, Dieu me jugera sur le bien que j’aurai fait pendant ma vie.» C’est là ce que j’avais professé depuis mon plus jeune âge, jusqu’au jour où, interpellé par un camarade de classe, j’ai dû repenser ma foi à la lumière de ce que la Bible affirme réellement.

Mes racines catholiques et polonaises
Dès ma naissance, j’ai subi l’influence de la religion catholique. Mon frère jumeau et moi sommes nés le 29 juin 1970 à Halifax en Angleterre. Cette date n’était pas sans importance, car selon le calendrier catholique, c’était la fête des saints Pierre et Paul. Ma mère ne pouvait donc faire autrement que d’appeler mon frère « Paul », et moi « Pierre », en l’honneur de ces « saints catholiques ». Les « saints » et leurs fêtes jouaient un rôle déterminant dans la vie de mes parents, tous deux catholiques et polonais. A cette époque, ma conception de la foi était fortement influencée par les vies des « saints » catholiques.
Mes parents avaient quitté leur Pologne natale vers 1960 pour immigrer en Angleterre en quête d’une vie meilleure, à une époque où leur pays était encore sous le joug communiste. La Grande-Bretagne représentait pour eux une espérance et un avenir. Ils se sont installés à Halifax, dans le nord de l’Angleterre ; comme bien d’autres immigrants originaires de l’Europe de l’Est, mon père a pu se faire embaucher dans une usine locale. Par la suite, ma mère, sage-femme diplômée, a trouvé du travail dans l’hôpital où je suis né. Mes parents étaient des catholiques polonais typiques. Ils ne s’interrogeaient pas sur leur foi, mais s’y soumettaient un peu comme un chien fidèle obéit à son maître : docilement et sans chercher à comprendre. Le catholicisme a toujours constitué le tissu même de la nation polonaise. Être polonais, dit-on, c’est être catholique ; pour un polonais, le catholicisme peut se comparer au sang qui circule dans ses veines. Il y a, bien sûr, quelques exceptions, mais les polonais sont catholiques à une écrasante majorité. Du point de vue historique, c’est ce qui les distingue de leurs voisins sur la carte de l’Europe. Au sujet de l’époque où mes parents, encore enfants, vivaient en Pologne, un auteur écrit : « Plus que partout ailleurs au monde, l’Église catholique romaine compte en Pologne des adeptes fidèles. Ils ne recherchent ni la modernité ni les subtilités, mais la foi simple et robuste qui façonne sans entrave tous les aspects de la vie. »

Dans l’ignorance et dans les ténèbres
Pour ce qui est de la langue, de la nourriture, des coutumes et de la religion, j’ai eu une enfance typiquement polonaise, profondément catholique. Mon frère et moi avons reçu le baptême catholique dès notre naissance. Nous avions l’un et l’autre un parrain et une marraine, chargés d’aider nos parents à nous élever dans la foi catholique. Ce baptême était censé me laver du péché originel. Le bébé que j’étais alors ignorait tout du sens de ce rite et tout de la vérité : en réalité, j’avais besoin d’une œuvre de la grâce de Dieu dans mon être intérieur pour m’éveiller spirituellement, et non du geste d’un prêtre qui a fait couler un peu d’eau sur moi. J’avais besoin de parvenir à une foi personnelle en Jésus ; la foi de mes parents, de mon parrain et de ma marraine, qui croyaient à ma place, ne pouvait suffire. L’apôtre Pierre dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés » (Actes 2 :38). Il faut d’abord une repentance consciente, et la foi en Jésus. J’avais besoin d’une œuvre du Saint-Esprit au-dedans de moi pour pouvoir comprendre que j’avais péché envers Dieu, et pour recevoir la foi en Jésus, le Sauveur. Mais je n’étais alors qu’un bébé, incapable de croire, loin du Sauveur.
Tous les dimanches, mes parents, mon frère, notre sœur aînée, et moi assistions à la messe en polonais. Je ne comprenais vraiment pas grand-chose à la célébration. Assis sur le banc, je regardais et écoutais le prêtre, le rituel, toute la cérémonie. A ma connaissance, le prêtre ne nous a jamais recommandé de lire la Bible. Ce gros volume aux pages innombrables restait pour moi une énigme, un livre fermé. Si seulement on m’avait dit ce que la Bible affirme d’elle-même : « Que tes paroles sont douces à mon palais, plus que le miel à ma bouche ! … La révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l’intelligence aux simples » (Psaume 130, 103, 130) ! Mais mon intelligence n’était pas éclairée. La compréhension de toutes ces choses était réservée au prêtre : elle était inaccessible aux « simples », aux gens comme nous.

La prière pour les morts
En bon jeune catholique j’acceptais alors tout ce qu’on me disait. Je croyais qu’en priant, en recevant les sacrements de l’Église, en allant à confesse et à la messe, et en me conduisant bien, je gagnerais le droit d’aller au ciel. Il est vrai que même en réunissant toutes ces conditions, je n’étais pas sûr d’y aller. C’est pourquoi il y avait, me disait-on, un lieu appelé « purgatoire » où je serais purifié de tous les péchés que je n’aurais pas réparés moi-même : je serais obligé d’y souffrir pendant un certain temps. Lorsque mon frère et moi étions petits, le matin nous allions parfois nous glisser dans le lit de notre grand-mère. Elle nous enseignait alors des prières, et l’une de ces prières était pour les morts.
Constamment les membres de notre paroisse remettaient de l’argent au prêtre en lui demandant de célébrer une messe pour leurs chers défunts au purgatoire. Cela permettait, à ce qu’on disait, d’écourter le temps que ces âmes devraient y passer ; elles arriveraient ainsi au ciel plus rapidement. Que de souffrances et de confusion on aurait pu épargner à toutes ces personnes si seulement on leur avait appris ce que dit le Seigneur dans sa Parole ! Dans la Bible il n’est pas question du purgatoire, mais au contraire du Sauveur qui a enduré tout le châtiment requis par le péché de tous les siens. Elle nous apporte ce réconfort indicible : « Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu » (Hébreux 10 :11-12). Le prêtre et les messes ne peuvent rien accomplir en faveur d’un défunt, mais pour ceux qui croient en lui, Christ a enduré tout le châtiment nécessaire, l’enfer lui-même : « un seul sacrifice pour les péchés » éternellement efficace. Mais je ne comprenais pas encore bien qui était le Christ, et ce qu’il avait accompli sur la croix.

Une vocation céleste ?
Vers l’âge de sept ans, mon frère et moi avons fait notre « Première Communion ». Cet événement capital était censé nous enraciner dans notre foi. Je n’en mesurais pas bien toute la portée, mais je savais que c’était un grand jour, car mon frère et moi devions être habillés de blanc (sur la photographie, je suis à droite). On nous a fait des costumes sur mesure, puis une cérémonie a eu lieu à l’église, où le prêtre nous a donné sa bénédiction. Nous avions convié nos amis à partager chez nous le repas de Première Communion, avec comme invité d’honneur notre curé polonais, le Père Tadeuz Gaik. C’était un homme doux, qui avait souffert en prison sous l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un de ses compagnons de captivité, Karol Wojtyla, allait devenir plus tard le Pape Jean-Paul II. J’avais du respect pour le Père Gaik ; on nous avait enseigné qu’un prêtre était au-dessus de tout autre homme. Ce jour-là, notre curé a fait naître en moi une ambition qui devait durer plusieurs années. Sous les yeux de tous les invités, il a présenté à mon frère et à moi un récipient contenant plusieurs papiers pliés. Sur chaque papier était inscrit une profession. Celui que j’ai tiré portait le mot : « KSIADZ », ce qui signifie « prêtre » en polonais. J’ai cru qu’incontestablement, Dieu avait parlé ! Dès cet instant, j’ai été déterminé à devenir prêtre pour Dieu.

Des saints et des missionnaires
Nos parents ne se bornaient pas à nous emmener à la messe dominicale : mon frère, ma sœur et moi participions activement avec eux aux fêtes catholiques polonaises, aux processions, aux réunions, et à d’autres événements. En tant que jeune catholique, je m’intéressais aux « saints » de ma religion. Je me souviens d’avoir trouvé un livre qui relatait leurs vies, leurs miracles, leurs sacrifices. J’ai été profondément impressionné par le récit d’un professeur de notre école catholique : l’un de ces « saints » portait autour de la taille une grosse chaîne qui lui entamait la chair. Cela lui servait, disait-on, à expier ses péchés. Hélas, glorifier cette souffrance auto infligée revenait à rejeter le sacrifice parfait que Christ avait offert pour cet homme et pour tout son peuple, en se donnant une fois pour toutes sur la croix. De tels récits me confortaient dans mon désir de vivre et de souffrir pour Dieu ; je ne voyais pas que c’était un blasphème de prétendre expier mes péchés par mes propres souffrances. Je ne comprenais pas qu’en essayant de gagner mon salut par mes « bonnes actions », je volais la gloire de Christ, en cherchant à m’ériger en sauveur à ses côtés. En effet, Dieu ne donne pas sa gloire à un autre et ne permet à personne de prendre part à son œuvre de salut : « C’est moi, moi qui suis l’Éternel ; et à part moi il n’y a point de sauveur » (Esaïe 43 :11).
M’inspirant de l’exemple des saints, et supposant que j’avais reçu un appel de Dieu, j’étais déterminé à accéder au sacerdoce pour le servir. Je me suis senti très attiré par un mouvement missionnaire catholique, celui des « Pères de Vérone », à la suite d’un contact avec un prêtre de cette association. J’ai commencé à réunir une documentation à ce sujet, fasciné par l’exemple de Daniel Comboni, prêtre et missionnaire en Afrique, et fondateur des « Pères de Vérone ». Profondément ému par sa vie et son sacrifice, à dix ans, je souhaitais devenir pensionnaire dans une école tenue par ces « Pères ». Là, j’espérais approfondir ma foi, me préparer à la prêtrise, et si possible devenir missionnaire. J’estimais qu’être prêtre, c’était plaire à Dieu, et j’étais tout rempli de ferveur. Mais « la Providence » avait pour moi d’autres projets. Après réflexion, ma mère n’a pas voulu me laisser partir : je suis donc resté chez mes parents et j’ai fait ma scolarité dans un établissement de la ville. Si on m’avait laissé partir, sans doute ma vie aurait-elle été bien différente.

Des hommes déchus et des faux médiateurs
J’ai continué à participer activement à la vie de la paroisse. Depuis notre enfance jusqu’à l’âge de dix-huit ans, mon frère et moi avons servi la messe dominicale. Il fallait aussi assister le prêtre en d’autres occasions, par exemple pour la messe du vendredi, ou pour les messes dans d’autres localités. Tout cela me permettait de voir vivre le prêtre de plus près : j’ai commencé à comprendre qu’il était un homme comme les autres et qu’il avait des défauts. Après sa mort le Père Gaik eut comme successeur un prêtre qui ne lui ressemblait en rien : il était plus jeune, plus sûr de lui, et plus corpulent. Avec le temps, il laissa tomber son masque religieux, et il devint évident qu’il s’était consacré non à Dieu, mais à lui-même. Vivant dans le luxe, il n’avait rien d’attirant pour un jeune catholique aspirant à servir Dieu. Mon frère et moi chantions aussi des cantiques en polonais devant l’assemblée (sur la photographie, je suis à gauche). Le prêtre qui nous avait formés au chant était sympathique, mais mondain. Certains prêtres paraissaient vraiment sincères ; l’un d’eux était particulièrement humble et menait une vie ascétique.
Mais en fin de compte, tous ces hommes faisaient obstacle entre Dieu et moi. Ils ne servaient pas de médiateurs, mais d’écran. Aucun d’eux ne m’a jamais encouragé à lire la Bible. Aucun ne m’a jamais expliqué la terrible gravité de mon péché, ni la perfection du sacrifice offert par Christ sur la croix ; et surtout, aucun d’eux ne m’a jamais exhorté à considérer Jésus-Christ comme un Sauveur pleinement suffisant. Ils insistaient au contraire sur leur propre statut, sur le rôle de l’Église et de ses sacrements, et sur Marie qui pour eux était égale ou même supérieure à Christ. Je ne comprenais toujours pas que le Seigneur Jésus-Christ était l’unique chemin vers Dieu, que lui seul pouvait me procurer la paix avec Dieu, et qu’il ne pouvait être supplée par rien ni personne. Sur ce point, la Bible est d’une clarté parfaite : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme » (1 Timothée 2 :5). Ces « hommes de Dieu » étaient des aveugles que je suivais aveuglément. J’avais connu et respecté beaucoup d’entre eux, et pourtant pas un seul d’entre eux ne m’avait montré le seul véritable Médiateur.

Un ami m’interpelle
Adolescent, j’ai continué à fréquenter la paroisse catholique polonaise de Halifax, mais la prêtrise m’intéressait de moins en moins. L’Église ne m’attirait plus guère, et je commençais à me poser des questions. Un camarade de classe, qui se disait véritablement chrétien, m’a interpellé. Il m’a demandé si l’enseignement catholique était d’aplomb sur la Bible, et si ma propre vie était conforme à cette Bible. Dans un tel cas, d’habitude je donnais la réponse catholique classique : je disais que l’Église catholique était l’Église la plus ancienne du monde, et que l’apôtre Pierre avait été le premier pape. Dans mon ignorance, voilà ce que j’affirmais orgueilleusement : c’était la version de l’histoire que mon Église m’avait enseignée ! Je n’avais pas eu suffisamment de courage, ou de scrupules, pour vérifier si cette version correspondait à la réalité. Jamais je n’avais examiné de près le témoignage de l’histoire au sujet de l’Église catholique et de la foi chrétienne. Et surtout, je n’avais tenu aucun compte du témoignage de la Bible au sujet de Jésus-Christ.
J’ai continué à discuter avec cet ami, mais avec le temps, tout mon système religieux a commencé à s’effriter. Au terme de mes études secondaires, à l’âge de dix-huit ans, je commençais à me demander si Dieu existait réellement. Déçu et désorienté, j’ai alors cessé de fréquenter l’Église catholique. Si je ne m’y étais pas décidé plus tôt, c’était pour éviter de peiner ma mère. Mais j’ai commencé à fréquenter une église protestante avec mon camarade chrétien ; pendant à peu près une année, j’ai cherché à connaître la vérité. Peu à peu j’ai commencé à être persuadé qu’il y avait réellement un Dieu, et j’ai cru alors que cela faisait de moi un chrétien. Mais au bout de deux ans, j’ai compris que l’essentiel me manquait encore.

Cet Évangile que je ne connaissais pas
A l’âge de vingt ans, j’ai entamé ma deuxième année à l’Université, plus ou moins assuré que je croyais bien en Dieu. Engagé dans une association chrétienne d’étudiants, pendant un temps, j’ai été heureux. Mais quand j’ai mieux connu certains autres étudiants chrétiens, j’ai vu qu’ils avaient quelque chose qui me faisait défaut. Parfois, simplement à cause d’une pensée qu’ils exprimaient après avoir lu la Bible, ou à cause de leur façon de prier, je sentais que quelque chose me manquait. C’était de plus en plus clair : je n’avais pas compris ce que cela voulait dire d’être chrétien. Lors d’une réunion de notre association, un orateur nous a posé à tous cette question : « Qu’est-ce donc que l’Évangile ? » J’étais assis à côté d’une jeune fille qui venait, disait-on, de devenir chrétienne. Nous nous sommes regardés l’un l’autre, et ni elle ni moi ne savions répondre. Peut-être était-ce parce qu’elle était encore si jeune dans la foi ; mais pour ma part, je savais au fond de mon cœur que quelque chose n’allait pas. Aujourd’hui, je le sais : l’Évangile est le cœur même de la foi chrétienne. Le mot « Évangile » signifie « Bonne Nouvelle » ; et la Bonne Nouvelle, c’est que Christ est venu prendre sur lui le châtiment que méritent les pécheurs, les sauvant ainsi à la perfection. L’apôtre Paul se réjouissait de proclamer : « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé… et par lequel vous avez été sauvés… que Christ est mort pour nos péchés… » (1 Corinthiens 15 :1-3). Assis là au milieu des autres, j’avais une compréhension intellectuelle de ce message, mais je ne l’avais pas reçu à titre personnel dans mon cœur. Comment faire mienne cette « Bonne Nouvelle » ?

Qu’est-ce que la vérité ?
Au cours de l’été 1991, ma situation s’est clarifiée. Je m’étais inscrit auprès d’une organisation chrétienne d’étudiants pour participer à quinze jours d’évangélisation en Pologne. Comme j’avais des parents polonais et que je parlais leur langue, je trouvais que c’était une occasion idéale pour aller faire part de « ma foi » à mes « compatriotes ». Je n’étais plus catholique, mais j’avais encore « l’esprit missionnaire ». Avec d’autres étudiants, je sortais dans les rues et j’allais sur la plage de cette ville côtière polonaise. Je disais aux gens qu’il leur fallait du fond du cœur  « donner leur vie à Christ ». Il ne suffisait pas d’aller à l’église et de réciter ses prières ; toute leur vie devait changer radicalement. Ce que je disais était vrai, mais je n’avais pas encore compris que ma « bonne conduite » était parfaitement incapable de me faire entrer au ciel. Comme le dit la Bible au sujet des Juifs, j’avais « du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu » (Romains 10 :2-3). Pour être sauvé, j’avais besoin de la justice d’un Autre. J’avais besoin de la justice de Christ et pas de la mienne.
Cependant Dieu était à l’œuvre au-dedans de moi, et j’ai fini par comprendre ce qui n’allait pas. Ce que j’annonçais aux autres, ce n’était pas l’Évangile dans son entièreté. Je n’étais pas vraiment convaincu que « la vérité » pouvait leur donner une vie nouvelle en Christ. J’avais même conscience de ne pas posséder cette vie. Toutes les fois que l’occasion s’en présentait, j’écoutais ces chrétiens qui parlaient de l’Évangile, de la Bonne Nouvelle de Jésus, et je m’efforçais de saisir « la vérité ». Le jour où sur le bord de mer on m’a demandé de donner mon témoignage, j’ai été troublé : après avoir commencé à faire part de ce que j’appelais « ma foi », je me suis trouvé incapable de poursuivre.
Le cœur lourd, je suis revenu en Angleterre. J’ai commencé à parler avec des amis chrétiens et à lire des ouvrages pour essayer de résoudre mon problème. Un ami m’a posé cette question pertinente : « Pourquoi crois-tu ? » J’ai tenté de lui fournir diverses explications, mais il m’a répondu : « Voilà ce que je crois, parce que c’est la Vérité. » J’ai alors clairement compris que j’aurais été incapable de poser une affirmation semblable. L’islam, ou le bouddhisme, ou quelque autre religion ne pouvaient-ils pas être une solution ? Ne pouvaient-ils pas également être « la Vérité » ? Qu’avait-elle donc de si particulier, la Vérité ?

La lumière brille dans mes ténèbres
J’ai donc continué à interroger les autres, à lire, à chercher. Ceux qui ne me voyaient que de l’extérieur trouvaient que tout allait bien pour moi. Mes études me plaisaient, et à l’université j’avais de bons amis. Mais intérieurement, j’étais encore dans les ténèbres, à me demander où était la Vérité qui donne la vie. Cependant, au cours de l’hiver 1991, quelques semaines avant les congés de Noël, tout a changé. J’écoutais une cassette audio dans ma chambre. Il était question d’un passage du chapitre 1 de la première Épître aux Corinthiens, de Jésus-Christ, et de la raison pour laquelle certains ne comprennent pas la nécessité de sa mort sur la croix. Voici les paroles que j’écoutais :

Insensés que nous étions, nous nous sommes crus sages,
Mais par la folie de la croix il nous a ouvert les yeux.
Faibles que nous étions, nous nous sommes crus forts,
Mais lui, dans sa faiblesse, il nous a confondus.

La lumière a alors chassé mes ténèbres. Pour la première fois dans mon cœur j’ai compris pourquoi Jésus avait dû mourir sur la croix. J’ai compris que je n’avais pas la force de me sauver moi-même pour avoir accès au ciel. Il avait fallu que Jésus, le Fils de Dieu pur et parfait, mourût sur la croix en portant mon péché, ma culpabilité. Lui seul pouvait subir tout le châtiment que méritait ma faute, pour que je sois purifié de tous mes péchés.
J’avais passé des années à essayer de gagner le ciel. J’avais cherché à me faire accepter par Dieu en raison de mes bonnes actions. Toutes ces années de catholicisme m’avaient rempli de la conviction que les bonnes actions peuvent nous sauver. Et surtout, mon détestable orgueil humain me poussait à essayer d’accomplir quelque chose pour mériter le ciel. J’ai compris que c’était de la folie, car la Bible affirme clairement : « Il n’y a point de juste, pas même un seul… Il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul. » (Romains 3 :10,12). Nous sommes tous absolument impuissants à nous sauver nous-mêmes : nous avons besoin d’un Sauveur tout-puissant. Tous les autres systèmes religieux enseignent qu’au moins dans une certaine mesure, notre salut dépend de nous-mêmes ; de nos bonnes actions, de notre respect des commandements, de l’observance des rites et des sacrements, de notre collaboration avec autrui, de nos efforts intellectuels, de nos propres bonnes décisions. C’est ce qu’enseigne l’Église catholique, et en cela elle ne diffère en rien des autres religions du monde. Mais la Bible nous apprend que ni vous ni moi ne pouvons nous sauver nous-mêmes : Dieu seul nous sauve en Christ. « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2 : 8,9). Dès cet instant, j’ai connu Christ comme mon Sauveur. Je me suis confié en lui seul pour être sauvé.

Ma joie dans le Sauveur
vie catholiqueJe me réjouis de ce que mon salut ne dépende pas de moi et soit entièrement l’œuvre de Christ. Après avoir été sauvé par lui en avril 1992, je me suis fait baptiser pour obéir à mon Sauveur, et pour montrer que je m’identifie à ce qu’il a déjà accompli pour moi et en moi. Il m’avait lavé de mes péchés, en lui mon ancienne vie de péché avait été mise au tombeau, et il m’avait ressuscité en nouveauté de vie. C’est là le sens du baptême : il est le signe de l’œuvre intérieure accomplie par Dieu chez le pécheur. A cause de ce que Dieu a fait pour moi en Christ, avec gratitude et amour, je cherche maintenant à lui plaire en obéissant à sa Parole, la Bible. Étant désormais une nouvelle création en Christ grâce à l’œuvre du Saint-Esprit, je m’efforce de faire ce qui est bien : pas pour gagner le ciel, mais parce que le ciel m’a déjà été accordé, à cause de Christ et de son œuvre en ma faveur.

« Venez au Sauveur »
C’est par cet appel que je voudrais conclure. Cher lecteur, je vous engage à venir au Sauveur. Peut-être êtes-vous catholique. Ou bien peut-être, sans vous dire catholique, l’êtes-vous dans la pratique, et comptez-vous sur vos propres efforts pour être en règle avec Dieu et pour être admis au ciel. Peut-être même que vous ne croyez pas fermement en Dieu, mais que vous « espérez pour le mieux » en vous appuyant sur les bonnes actions que vous faites au cours de cette vie. Avec autant d’amour que de fermeté, je vous dis : « N’acceptez pas de vous laisser tromper ! » En effet la Bible nous dit très clairement non seulement que nous avons tous péché, mais encore que nous sommes « privés de la gloire de Dieu » (Romains 3 :23). Elle nous dit aussi que nous sommes incapables nous-mêmes de faire quoi que ce soit pour combler le gouffre qui nous sépare de Dieu. Inutile de dire : « Je ferai de mon mieux, et Dieu s’occupera du reste » ; car la Bible déclare solennellement que « Quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous » (Jacques 2 :10).
Pendant si longtemps, je me suis laissé tromper dans l’Église catholique. Même après l’avoir quittée, je conservais des pensées fallacieuses dans mon cœur, croyant encore que je pouvais contribuer d’une certaine manière à mon salut. Mais tout ce que nous pouvons « faire », c’est mettre notre foi en Celui qui a tout accompli lui-même en vue de notre salut. Jésus lui-même dit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé ». Je suis bouleversé à la pensée que Dieu m’a fait miséricorde, et qu’il a ouvert mon cœur pour me permettre de voir ma propre insuffisance et la pleine suffisance de Christ. En cet instant même, il appelle par son Évangile, en proclamant cette Bonne Nouvelle : il y a un Sauveur ! Voulez-vous reconnaître votre péché, et votre incapacité à vous sauver vous-même ? Voulez-vous vous tourner vers le Sauveur, maintenant ? Christ est mort sur la croix, mais trois jours plus tard, il est glorieusement ressuscité des morts. A présent il règne sur son trône céleste. Quand nous crions à lui, il nous entend. Ne voulez-vous pas fléchir le genou devant lui, et crier à lui ? Il a accompli tout ce qui était nécessaire pour sauver le pécheur que vous êtes. Je vous engage à vous détourner de tout autre prétendu sauveur ou moyen de salut, et à vous confier exclusivement en Christ. La Bible nous fait cette merveilleuse promesse : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Romains 10 :13). Il ne nous faut compter ni sur un prêtre, ni sur le pape, ni sur les « saints », ni même sur Marie : nous ne devons invoquer que le Seigneur Jésus-Christ. Alors du fond de mon cœur, je vous dis : « Venez à Jésus-Christ, l’unique Sauveur véritable ».

Pour terminer, je voudrais citer deux versets bibliques qui me sont particulièrement précieux :

« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5:8).

« Christ…puissance de Dieu, et sagesse de Dieu » (1 Corinthiens 1:24).

vie catholiqueJe vous en prie, n’hésitez pas à m’envoyer un e-mail à l’adresse : peterslomski@blueyonder.co.uk
J’ai écrit (en anglais) un livret de 46 pages sur l’Église catholique, intitulé Roman Catholicism : The Testimony of History and Scripture. En effet, quelques années après ma conversion, je me suis mis à étudier cette Église de plus près, à la lumière de l’histoire et des Écritures. Si cet ouvrage vous intéresse, il est disponible sur le site Internet de l’éditeur, EPS, à l’adresse www.ulsterbulwark.org On peut aussi se le procurer actuellement à l’adresse www.tabernaclebookshop.org

Témoignage de Peter Slomski

One thought on “Du catholicisme polonais à la foi en Christ seul”

  1. Oh! Que j’ai de la peine pour vous Monsieur. Abandonner le diamant pour un morceau de charbon de bois. Je bénis Dieu du parcours de Scott Hahn*, passé de l’Evangélisme au Catholicisme. Et je vous mettrai désormais dans mes prières, car les bras de notre Seigneur Dieu né de la Vierge Marie, par l’opération du Saint Esprit- vous restent ouverts. Lui, Notre Seigneur, le Bon Pasteur, qui ne veut perdre aucune des brebis à lui confiées…..

    * Scott Hahn a publié “Rome, Sweet Home”, car son amour de la Vérité l’a conduit tout naturellement au Catholicisme, la vraie Foi.

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